Ouvrir


convaincs le vent
de t’ouvrir son silence
jusqu’à fendre
bois tendre et pourtant pétrifié
comme ces légendes d’arbres
enfermant des humains
des bêtes

raccorde l’innocence à ton ciel
plie le soleil feuillet de mica
sors de ta peau
reviens vieille fleur
montagne d’eau douce
pétrie d’argent
trésor de feu
volcan

ton corps sait où il 
va quand il pleut 

les nuages soulignent le peu d’importance de tes chevilles
dans la ville nue de peaux nues aux râles corbeaux

nu aussi ce chant dans l’arbre
qui se repose en toi
tes oreilles fanées

sous le ciel rouillé 
la voix d’airain d’un taureau
grand-père père de tous
ton grand cœur fuit

bois métal feu liquide
vapeur de souffle
à l’infini du vide

ce corps invisible
qu’engendre le ciel à force de labourer

la terre dans nos ventres


L.M.

Montréal, mai 2018




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