L'été en doublure



Une robe d'été dont on ne rêve que l'hiver, une piscine de neige où l'on voudrait se fondre...




... des scintillements océaniques bordant les branches d'arbres fraîchement dénudées de leurs feuilles, les canards jaunes dans les parcs ouvrent de grands yeux étonnés quand plus personne ne les chevauche, une robe bustier sous un manteau de plumes d'oies, des talons hauts dans le sac pour remplacer les bottes, les Montréalaises se changent derrière les portes battantes des métros, l'été caché dans la doublure de l'hiver — nous nagions dans la piscine mauve jusqu'à la dernière dorure du soleil sur nos peaux parfumées de chlore, des seaux de sable des villes renversés dans les bacs, et les balançoires grinçaient ; des marchands de crèmes glacées sonnaient au portail, il fallait dire plusieurs fois "c'est l'heure d'aller manger" pour convaincre les enfants de sortir des tubes, se rincer tous ensemble au boyau d'arrosage dans les cours ; des odeurs de grillades s'enroulaient aux ruelles, les étoiles brûlaient malgré les lampadaires, les ballons volaient...


On se souvient toujours de l'été en hiver, presque jamais de l'hiver en été.

Le 17 décembre 12


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