Qingcheng Shan (7)

Des pas dans le Sichuan



Du Fu vivait
cette chaumière 
au ciel liquide 

les pins fragiles
peignent en silence 
un souffle de terre

frissonnant l’absence 
derrière le cœur 
la porte d’entrée
du temple tremble

soudain la 
forêt se penche 
vers le soleil 
enfoui 

– le talisman –


.




La foudre monte
de la terre 

Magie du tonnerre 



.



Dans ce bar 
après l’accident 
tu m’as lu un poème de Du Fu
constatant l’absence 
de l’arbre qui enveloppait 
sa maison comme une main 
l’aurait protégé 
de tout

à cette heure de grand 
tremblement 
je ne savais pas encore 
que je retournerais chez moi 
constater l’absence des doigts
du tremble autour  
de mon appartement 

la vibration de ta voix 
récitant le poème dans ce bar
où nous buvions une bière de Chine 
pour ravaler nos larmes 
de stupeur 

– pure consolation 




l.m.
Sichuan, Chine
Oct. 18






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