Qingcheng Shan (8)

Des pas dans le Sichuan


Avec mon bâton de bambou
échangé contre dix yuans
dans un lacet de montagne
la vieille femme
je prends le pouls de la terre

sans fuite cette montagne
au corps de forêt
entre et danse la chair
pleine de suc descend
son poids léger à l’intérieur
des épaules avance en grand
étourdissement apporte
une aube de souffle
lointaine respiration
la montagne t’enseigne
à te déplacer ventre contre 
terre

Xiongmao

les Ours-chats la nuit se rapprochent
en cercle noir et blanc leur souffle
une prière lente de huit
mille ans remonte
pas souple
la chaude
condensation du vent
nos grands-pères
forêt de sève déroulent
la lumière
du ciel
mains de bambous

.



Parce que la vie va
et vient dans les cheminées 
d'azur creuse
une niche d'amour 
offerte à la terre 
et au ciel 

Qingcheng 

j'arrose
la lumière sous ma langue 

.




Chengdu panse le feu 
de la lumière

Chengdu rappelle l’offrande 
d’un verre dans le couloir 
des étoiles quelqu’un
s’en souviendra  


.

Je suis tombée debout
comme une forêt 

la force implacable
m'a rattachée au vent

si j'ai résisté c'était
pour changer
de peau 
ciel 

.


Chengdu 
je te quitte le cœur 
plein de mes nouveaux
amis la joie explose 
dans ma tête 
Laozi guide 
nos pas désormais 
nous nous reverrons 
entre deux vides 
sur le chemin plein d’un trait yang 
avec la caresse du yin 
aux lèvres 
le demi-sourire 
de ceux qui taisent la faille
de leur renaissance







l.m.
Sichuan, Chine
Oct. 18





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